Définition
Le consentement, c'est dire clairement « oui » à quelque chose. Être d'accord avec un acte. Cet accord concerne celui qui le donne sur les plans d'un investissement physique, mais aussi psychologique et moral.
Lors d'un acte sexuel, le consentant accepte que l'autre touche son corps. Mais le consentement n'est pas un accord général et global. Il est nécessaire d'en définir le cadre, une limite à sa validité, dans la portée des actes, mais aussi dans le temps. Donner son consentement, c'est approuver une chose à un moment précis. Accepter l'acte sexuel ne signifie pas en accepter toutes les pratiques.
Si le consentement a autant de valeur dans un rapport sexuel « classique », il prend une importance décuplée dans une relation BDSM, où le consentant va :
- Accepter un contact physique, parfois violent, entravant ou humiliant,
- Accepter, dans le cadre de certaines pratiques, une atteinte psychique et psychologique profonde.
Du point de vue physique, le consentant peut aussi permettre des choses qui ne sont pas « communes » : un coup porté, une contrainte, une mise en situation délicate (suspension, asphyxie érotique, etc.).
Les 5 règles du consentement
- Éclairé : Vous devez comprendre clairement ce qui est demandé et quelles peuvent être les conséquences.
- Libre : Il ne peut pas être donné sous la contrainte, la peur, la pression ou la menace.
- Spécifique : Dire « oui » à une action ne signifie pas « oui » à toutes les autres. Chaque étape nécessite un accord.
- Réversible : Vous pouvez changer d'avis et retirer votre consentement à tout moment – avant ou pendant l'acte sexuel.
- Enthousiaste : Un vrai consentement se traduit par un « oui » clair et enthousiaste, pas par un silence ou une absence de résistance.
Éclairé
La notion de consentement éclairé vient directement du domaine médical, où, dans le cadre d'interventions intrusives, présentant un risque d'échec non négligeable ou pouvant entraîner des conséquences indésirables, le patient (ou son représentant légal) doit être informé des répercussions possibles de son accord.
Dans le cadre d'un rapport sexuel, même si les conséquences semblent évidentes, éclairer le consentement reste indispensable :
- Prévenir d'un risque IST/MST : Transmettre une infection ou maladie sexuellement transmissible (potentiellement mortelle) à autrui peut être considéré comme un acte pénal, relevant de l'homicide involontaire, voire volontaire.
- Respect : Prévenir son ou sa partenaire d'un risque de contamination (même après rémission récente d'une affection bénigne) est une preuve de respect.
Dans le domaine du BDSM, éclairer le consentement est nécessaire : Toute pratique (impact, shibari, humiliation, contrainte, etc.) peut avoir des répercussions majeures sur le ou la partenaire. Même sans intention de nuire, il est fréquent d'observer des réactions disproportionnées, voire traumatisantes :
- Un coup porté d'une certaine manière peut évoquer une violence subie par le passé,
- Un mot peut réveiller un souvenir douloureux,
- Une caresse sur la joue peut être perçue comme une gifle.
Le risque zéro n'existe pas. Même avec un consentement clair et respectueux, si une réaction traumatique survient, le consentement devient caduque et tout doit s'arrêter, sauf si un accord explicite a été donné pour poursuivre malgré cette réaction.
Libre
Un accord obtenu sous contrainte, menace, pression, peur, après absorption de produits altérant le jugement (alcool, drogues, etc.) ou sous hypnose n'est pas un consentement. C'est une violation de la volonté d'autrui, qui peut constituer :
- Un viol (au sens pénal),
- Une atteinte à la dignité humaine,
- Un abus de confiance,
- Un délit ou un crime.
Ces actes sont répréhensibles par la loi.
Dans le BDSM
Il est fréquent de contractualiser la relation via un document (sans valeur juridique, mais avec une valeur morale) qui :
- Reprend les droits et devoirs des deux parties,
- Est explicite et exhaustif sur les aspects psychologiques et physiques,
- Est lu à haute voix en présence des deux signataires,
- Inclut un délai de réflexion avant accord,
- Est révocable sur simple demande de l'une ou l'autre des parties.
Spécifique
Le consentement doit être cadré.
- Accepter un rapport sexuel ne signifie pas autoriser toutes ses formes ou pratiques.
- Accepter une pénétration vaginale n'implique pas l'acceptation de la sodomie.
- Accepter les préliminaires n'inclut pas les pratiques orales.
Ce qui est valable aujourd’hui, à cet instant, sera caduque une fois ce moment terminé.
Le consentement accordé à une personne, pour un acte ou une liste d'actes, dans une période définie (par défaut : l'instant présent) ne s'étend pas au-delà.
Le consentement n'est pas accordé par défaut.
- Ce qui n'est pas exprimé clairement dans la demande de consentement n'est pas consenti.
- « Non » est la réponse universelle et par défaut.
Exemple de ramification des consentements
Obtenir un consentement implique souvent d’obtenir plusieurs consentements précis :
- Coucher ensemble
- Préliminaires
- Fellation
- Cunnilingus
- Masturbation
- Chacun se masturbe soi-même
- Chacun masturbe l’autre
- Pénétration
- Vaginale
- Lubrification
- Vigueur
- Anale
- Lubrification
- Vigueur
- Éjaculation
- Interne
- Externe
- Orale
- Faciale
- ...
- Vaginale
- Préliminaires
Plus on précise, plus on se protège, et plus on prend de plaisir. Cela peut sembler laborieux, mais au regard des risques sanitaires et psychologiques, cela en vaut la peine.
Réversible
Le consentement est volatile :
- Il peut être retiré à tout moment (avant, pendant ou après sa "consommation").
- Un "non" ou "stop" pendant la pratique implique un arrêt immédiat, ainsi qu'une révision du consentement et de sa portée.
Dans le cadre du BDSM, le "non" peut être amené à être transgressé. Il est cependant obligatoirement remplacé par un terme arrêtant immédiatement la dynamique, appelé le safe-word.
Enthousiaste
« Le non est la réponse universelle et par défaut. »
Le consentement est accordé uniquement lorsque « oui » a été prononcé clairement.
- Un « oui » ne signifie pas « oui à tout ».
- L’être humain est fait de nuances : même si la réponse est binaire (oui/non), il existe des accords subordonnés à détailler (cf. le consentement est spécifique).
Conclusion
Le consentement est :
- Un accord mutuel et multidirectionnel (les deux parties doivent consentir),
- Un sujet complexe et évolutif dans le temps.
Chaque individu a sa propre échelle de valeurs. Ce qui est bénin pour l’un peut être insurmontable pour l’autre. C'est pourquoi il est primordial de prendre le temps de formuler le consentement et d'en fixer les limites.
À retenir
La volatilité du consentement :
- « Oui » aujourd’hui ≠ « oui » hier ou demain.
- C’est un sujet du quotidien, même au sein d’une relation exclusive et durable.
Accepter de se mettre en couple (pour partager un toit, élever des enfants, etc.) doit aussi être : Éclairé, libre, spécifique, réversible et enthousiaste.
